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13/07/2014 - 20/09/2014

Dans la région des Grands Lacs (Rwanda, Burundi et Est de la République démocratique du Congo), une paix fragile s’est installée depuis quelques années, permettant d’espérer une reprise économique et la consolidation de la gouvernance démocratique. Les médias peuvent jouer un rôle important à la fois dans la consolidation de la paix, dans le renforcement de la citoyenneté et dans la construction de la démocratie. Toutefois, malgré une augmentation notable de leur nombre ces dix dernières années, les médias de la région sont confrontés à de nombreuses difficultés, autant d’ordre professionnel qu’économique, politique ou juridique, qui les empêchent de remplir pleinement leurs missions d’information et d’éducation citoyenne.

C’est pourquoi, en 2014, la DDC a défini le cadre d’un nouveau programme intitulé Promouvoir des médias professionnels et responsables contribuant aux processus démocratiques dans les Grands Lacs  ayant pour but de contribuer de manière prioritaire à la consolidation du respect de la liberté de la presse ainsi qu’au renforcement des capacités des médias et à leur pluralité. 

Ce programme, qui va s’étendre sur 9 ans, vise trois objectifs spécifiques (OS):

  1. L’amélioration des capacités du secteur des médias, en termes de qualité de leur production, de durabilité de leur action politique et de déontologie et d’autorégulation ;
  2. La consolidation de l'accès du public à une information diversifiée, lui permettant le contrôle de l’action publique ;
  3. Le renforcement de la mise en œuvre de la législation et de la régulation permettant le développement de médias professionnels et indépendants.

Premier jalon de ce programme, cette étude, réalisée pour le compte de l’IPGL et de l’ABR par une équipe de 6 consultants locaux et internationaux, dresse un état des lieux du paysage médiatique des trois zones concernées. Il met en évidence des différences majeures entre les trois espaces : déficit important de régulation du secteur au Sud-Kivu (avec de nombreux acteurs audiovisuels souvent politisés qui fonctionnent, pour la plupart, dans une grande précarité) ; espace étroitement contrôlé au Rwanda où se conjuguent le poids d’un régime fort, l’importance de l’autocensure, des problèmes éthiques et un certain dynamisme économique ; bon niveau de professionnalisme et forte conscience d’utilité sociale des acteurs médiatiques du Burundi, par ailleurs très tributaires de l’appui international.

L’étude permet de dégager une vingtaine de chantiers prioritaires ou axes stratégiques par rapport aux trois objectifs spécifiques formulés par la DDC. Pour l’OS1 : la formation des ressources humaines, le respect de la déontologie, les dispositifs de suivi des contenus médiatiques, l’autorégulation, la durabilité des entreprises, le renforcement des capacités techniques, le financement structurel des médias. Pour l’OS2 : la pratique du journalisme d’investigation, l’accès à l’information, la couverture des événements hors de la capitale, la prise en compte de la contribution du public par les médias, la mise en réseau des entreprises médiatiques, l’information régionale, la préparation de la couverture des élections. Pour l’OS3 : la connaissance insuffisante des textes légaux et réglementaires, la réforme du cadre légal, la professionnalisation des instances de régulation, les dispositifs de dialogue et de concertation réguliers entre autorités publiques et médias.

Chacun de ces chantiers conduit au développement d’un certain nombre de propositions concrètes d’activités, générales ou spécifiques, mobilisant une diversité d’acteurs à différents niveaux qui sont proposées en fin de rapport. 

L'étude a été réalisée en juillet et août 2014 par Marie-Soleil Frère, Willy Nindorera et Anke Fiedler, avec la collaboration de Laurent Kasindi (RDC), Eric Manirakiza (Burundi) et Jean-Pierre Uwimana (Rwanda). 

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